Dans une petite ville de Nouvelle-Angleterre, deux équipes amateurs de baseball se retrouvent pour un dernier match sur leur terrain de toujours, bientôt détruit pour laisser place à un nouveau projet. L’enjeu sportif importe peu. Ce qui se joue, cette fois, dépasse largement la victoire : c’est la fin d’un lieu, d’une habitude et d’une communauté.

Au fil d’une journée qui se prolonge jusqu’à la nuit, les règles s’effacent, les tensions et les rires se mêlent, les bières circulent et le temps semble suspendu. Jeunes joueurs et vétérans, compétiteurs et amis, tous prolongent inconsciemment ce dernier moment ensemble, comme pour retarder l’inévitable.

À l’image de l’« eephus », ce lancer lent et imprévisible qui donne son titre au film, Eephus, le dernier tour de piste prend le temps de regarder ce qui disparaît. Plus qu’un film sur le baseball, c’est un récit tendre et mélancolique sur l’amitié, la camaraderie et ces lieux ordinaires qui deviennent, avec le temps, les refuges de toute une vie. Quand le dernier lancer est enfin effectué, ce n’est pas seulement un match qui s’achève, mais tout un monde qu’il faut apprendre à quitter.